World Poker Trip, le tour du monde du poker – Vidéo récapitulative de la saison 1


Il existe des rêves tellement inaccessibles que se les avouer nous est bien trop pénible. Il m’a fallu trois ans pour oser reconnaitre que ma vie n’était pas dans les plans mais les lettres. Jeune architecte perdu dans le Sud de la France j’avais échoué là au gré de mes errances bossant l’esprit ailleurs, sortant par habitude il ne me restait rien de mes années d’études. Les amis et les fêtes, les passions, les voyages la naïveté joyeuse de nos enfantillages. Englué dans une vie sans désespoir ni joie comment avais-je pu faire pour en arriver las ? J’ai décidé de partir et pour mon aventure je vivrais de poker et de littérature. De nobles causes certes, mais à la réflexion je sentais bien au fond d’autres motivations. Difficile d’avouer que je me suis enfui Dieu sait ce que j’aurais fait si je n’étais parti. Je ne voyais rien de mieux pour lancer mon exil que les cocktails, les plages, et les fêtes du Brésil. Dès les premières soirées dans les mégalopoles j’ai oublié la France dans la danse et l’alcool. J’ai joué dans des clubs, et avec de la chance au bout d’un mois à peine, j’étais en pleine confiance. Et puisque je ne voulais dépendre de personne Entrant au Paraguay j’ai acheté Parkinson. Sur ma moto chinoise tout a soudain changé. Leur regard, la route, les potentialités. Dans Asunción déserte une nuit de tristesse l’amertume des adieux s’efface dans la vitesse. Jamais je n’ai ressenti quelque chose d’aussi fort dans mon ventre, ma tête, dans tout mon corps j’accélère, je suis libre, immortel je renais je vis. J’ai fait mes premières chutes, à deux roues et aux tables un soir où par orgueil j’ai titillé le diable sur une table clandestine, remplie de vieux briscards les libanais m’ont pris jusqu’au dernier dollar. J’ai parcouru détruit les rues de Tucuman, Carla m’a consolé au milieu des champs de canne et après quelques semaines d’idylles estudiantines j’ai poursuivi plein Nord à travers l’Argentine. Dans les villages perdus au bout des pistes en terre dans les déserts venteux le long de la frontière, des villes aux jours meilleurs, des canyons, des plateaux Et comme pour moi le froid devenait une agonie alors j’ai cheminé jusqu’en Amazonie. De la chaleur enfin, des rivières, la poussière la générosité de la part de deux frères. Après les bidonvilles et après la cambrousse je suis enfin entré dans l’énorme Santa Cruz J’y ai été surpris par leur façon de séduire « Dame tu plata si no quieres morir » Je ne voulais pas mourir, en tout cas pas ce jour-là j’ai préféré dormir dans les bras de Maia. Et dans son petit studio je me suis fait une place nous y avons vécu quelques semaines de grâce. Je me souviens de tout. De nos films, nos ballades, des regards, de sa longue robe d’été des dialogues rituels qui nous faisaient marrer. « Quedate, querido » « No puedo cambita, soy un aventurero » Et quand un peu plus tard elle m’a lancé “te quiero” j’ai réalisé que je n’étais pas un héros je n’ai pas supporté l’arrivée des orages je me suis engouffré dans les embouteillages en ce matin maussade où j’ai repris la route, à la sortie de la ville tombèrent les premières gouttes. J’oublie dans la vitesse, les galères, et les pistes qui me distraient un temps des pensées pessimistes mon chemin croise celui d’un narcotrafiquant Bernie vend de la came sur tous les continents. A Cochabamba où il s’improvise facteur je deviens cette semaine un pigeon voyageur. Dans une partie truquée, je n’ai rien vu venir beaucoup trop innocent je me suis fait punir ils m’arnaquent sans honte, se permettent même l’insulte et je n’ai pas d’autre choix que de fuir le tumulte. Humilié mais vivant, je quitte les basse terres les nuits tièdes pour le froid, les Andes et les bergères j’arrive à El Alto, ses cholas, sa misère la surprise de la Paz et ses millions de lumières. Et dans la capitale sublime et chaotique Bitia la psychologue me trouve trop narcissique. Je lui raconte le manque, la distance, le silence et voila qu’elle aussi veut entrer dans la danse. Je découvre les joies de ces triangulaires « Je te suis tu me fuis, tu me fuis je galère » Je croyais que l’amour comme le poker se joue mais m’en sors si mal que je file au Pérou. Quand Parkinson traverse le lac Titicaca je ne vois que spectacle chez les Aymaras. bloqué par les manifs et les tessons coupants je rebrousse chemin et passe à travers champs. Aux abords d’Espinar dans les régions minières je roule sous la pluie, la grèle et le tonnerre sur des sentiers neigeux je passe mes plus hauts cols des étapes de montagnes dans lesquelles je m’isole l’odyssée exaltante hors des axes principaux prend fin temporairement quand je rentre à Cusco. Dans la ville impériale je m’épuise sur les pistes de vulgaires discothèques envahies de touristes qui draguent des bricheras dont les talons raisonnent dans les ruelles festives d’une nouvelle Babylone. La capitale Inca a perdu sa culture et pour la retrouver je pars à l’aventure. dans la Vallée Sacrée et ses ruines centenaires je foule les pavés d’une cité légendaire Sur ma fidèle chinoise qui se fait vieillissante pour la énième fois j’entame ma descente. Des montagnes pluvieuses je repasse aux déserts qui proches de Nazca prennent une parfaite lumière en avion au dessus des traces mystérieuses j’imagine scénarios et théories fumeuses. Et après toutes ces semaines intenses mais épuisantes je n’ai dans mon esprit qu’une image obsédante : une table, de l’espace, des vagues pour musique après huit mois de voyage j’aspire au Pacifique. Je repère un village sur une péninsule où je m’installe chez Andres qui a fait son pécule exploitant des mines d’or en l’Amérique Centrale pour rentrer au pays dans son village natal. Il m’offre sa maison comme on offre un bout de pain et j’y passe la semaine, à jouer l’écrivain. Je lis, j’oublie, je compose pour une fois j’ai mis les distractions en pause vis avec le soleil, me lève aux premières heures et quand je suis repu après tant de langueur sur une infinité de paysages plats la Panaméricaine m’emmène jusqu’à Lima. La capitale immense au ciel toujours gris les rues impersonnelles de l’aristocratie. Nous sommes en décembre, la fin d’année approche et comme tout un chacun je veux remplir mes poches. Dans les grands casinos à coup de 3 barrels je deviens rapidement joueur professionnel. Cinq nuits par semaines jusqu’au lever du jour quand je rentre à moto les premiers joggeurs courent j’ai tout compris du jeu, et déjà je me vois multi-millionnaire au bout de quelques mois. Je monte de limite, tente mes shots pour voir mais la variance cette chienne me terrasse en trois soirs. N’en pouvant plus des cartes, dégouté du poker je fais mon énième pause et pour me changer d’air Cecilia me convie pour célébrer les fêtes en échange de quoi je l’emmène vers l’Est. Nous partons un matin avec pour seul plan de rouler au hasard emportés par le vent et pendant cinq jours c’est l’aventure totale la romance la surprise les nuits sous les étoiles à travers les Montagnes, dans les rues de Tarma aux discothèques ringardes où tourne la cumbia la route qui descend, entre dans la Selva le 31 décembre chez les Ashaninkas. Le déprimant spectacle de leur décrépitude de leur culture ils ont perdu toute habitude. Sur les coups de minuits tous les litres de bière ne sont plus suffisants pour cacher la misère Une année de voyage je suis censé rentrer mais depuis bien longtemps j’ai décidé de rester. L’excitation constante d’une vie sans routine m’a rendu dépendant de cette adrénaline. Tant de rencontres, de vie, de moments partagés, d’apprentissages de rêves et d’opportunités. Et petit à petit le succès qui arrive après l’une des radios, ils me commandent un livre. L’architecte engourdi est devenu écrivain impossible désormais de rebrousser chemin. Je sens qui monte en moi l’appel irrésistible de la route et du Nord des lieux inaccessibles du vent dans mes cheveux, et de la découverte des routes à parcourir, des étendues désertes des journées paresseuses sans regarder sa montre la peur ou la surprise à chaque nouvelle rencontre les histoires improbables et les drames ordinaires les sourires, le désir et le sexe au grand air les légendes qui circulent sur les filles colombiennes sur les cités perdues et les ruines indiennes. La confiance euphorique des séries positives la tension insoutenable des sessions décisives les tables de poker dans les lieux insolites jouer pour subsister évitant la faillite et remonter ainsi à travers l’Amérique Panama, Belize, Honduras ou Mexique continuer ma route jusqu’aux Etats Unis le Japon et la Chine, pourquoi pas l’Australie Rien ne peut m’arrêter je m’en suis convaincu peu importe si je chute puisque j’aurai vécu. Il existe des rêves tellement inaccessibles que se les avouer nous est bien trop pénible. Il m’a fallu trois ans pour oser reconnaitre que ma vie n’était pas dans les plans mais les lettres. Jeune architecte perdu dans le Sud de la France j’avais échoué là au gré de mes errances bossant l’esprit ailleurs, sortant par habitude il ne me restait rien de mes années d’études. Les amis et les fêtes, les passions, les voyages la naïveté joyeuse de nos enfantillages. Englué dans une vie sans désespoir ni joie comment avais-je pu faire pour en arriver las ? J’ai décidé de partir et pour mon aventure je vivrais de poker et de littérature. De nobles causes certes, mais à la réflexion je sentais bien au fond d’autres motivations. Difficile d’avouer que je me suis enfui Dieu sait ce que j’aurais fait si je n’étais parti. Je ne voyais rien de mieux pour lancer mon exil que les cocktails, les plages, et les fêtes du Brésil. Dès les premières soirées dans les mégalopoles j’ai oublié la France dans la danse et l’alcool. J’ai joué dans des clubs, et avec de la chance au bout d’un mois à peine, j’étais en pleine confiance. Et puisque je ne voulais dépendre de personne Entrant au Paraguay j’ai acheté Parkinson. Sur ma moto chinoise tout a soudain changé. Leur regard, la route, les potentialités. Dans Asunción déserte une nuit de tristesse l’amertume des adieux s’efface dans la vitesse. Jamais je n’ai ressenti quelque chose d’aussi fort dans mon ventre, ma tête, dans tout mon corps j’accélère, je suis libre, immortel je renais je vis. J’ai fait mes premières chutes, à deux roues et aux tables un soir où par orgueil j’ai titillé le diable sur une table clandestine, remplie de vieux briscards les libanais m’ont pris jusqu’au dernier dollar. J’ai parcouru détruit les rues de Tucuman, Carla m’a consolé au milieu des champs de canne et après quelques semaines d’idylles estudiantines j’ai poursuivi plein Nord à travers l’Argentine. Dans les villages perdus au bout des pistes en terre dans les déserts venteux le long de la frontière, des villes aux jours meilleurs, des canyons, des plateaux j’ai asséché mes mains jusqu’à l’Altiplano. Et comme pour moi le froid devenait une agonie alors j’ai cheminé jusqu’en Amazonie. De la chaleur enfin, des rivières, la poussière la générosité de la part de deux frères. Après les bidonvilles et après la cambrousse je suis enfin entré dans l’énorme Santa Cruz J’y ai été surpris par leur façon de séduire « Dame tu plata si no quieres morir » Je ne voulais pas mourir, en tout cas pas ce jour-là j’ai préféré dormir dans les bras de Maia. Et dans son petit studio je me suis fait une place nous y avons vécu quelques semaines de grâce. Je me souviens de tout. De nos films, nos ballades, des regards, de sa longue robe d’été des dialogues rituels qui nous faisaient marrer. « Quedate, querido » « No puedo cambita, soy un aventurero » Et quand un peu plus tard elle m’a lancé “te quiero” j’ai réalisé que je n’étais pas un héros je n’ai pas supporté l’arrivée des orages je me suis engouffré dans les embouteillages en ce matin maussade où j’ai repris la route, à la sortie de la ville tombèrent les premières gouttes. J’oublie dans la vitesse, les galères, et les pistes qui me distraient un temps des pensées pessimistes mon chemin croise celui d’un narcotrafiquant Bernie vend de la came sur tous les continents. A Cochabamba où il s’improvise facteur je deviens cette semaine un pigeon voyageur. Dans une partie truquée, je n’ai rien vu venir beaucoup trop innocent je me suis fait punir ils m’arnaquent sans honte, se permettent même l’insulte et je n’ai pas d’autre choix que de fuir le tumulte. Humilié mais vivant, je quitte les basse terres les nuits tièdes pour le froid, les Andes et les bergères j’arrive à El Alto, ses cholas, sa misère la surprise de la Paz et ses millions de lumières. Et dans la capitale sublime et chaotique Bitia la psychologue me trouve trop narcissique. Je lui raconte le manque, la distance, le silence et voila qu’elle aussi veut entrer dans la danse. Je découvre les joies de ces triangulaires « Je te suis tu me fuis, tu me fuis je galère » Je croyais que l’amour comme le poker se joue mais m’en sors si mal que je file au Pérou. Quand Parkinson traverse le lac Titicaca je ne vois que spectacle chez les Aymaras. bloqué par les manifs et les tessons coupants je rebrousse chemin et passe à travers champs. Aux abords d’Espinar dans les régions minières je roule sous la pluie, la grèle et le tonnerre sur des sentiers neigeux je passe mes plus hauts cols des étapes de montagnes dans lesquelles je m’isole l’odyssée exaltante hors des axes principaux prend fin temporairement quand je rentre dans Cusco. Dans la ville impériale je m’épuise sur les pistes de vulgaires discothèques envahies de touristes qui draguent des bricheras dont les talons raisonnent dans les ruelles festives d’une nouvelle Babylone. La capitale Inca a perdu sa culture et pour la retrouver je pars à l’aventure. dans la Vallée Sacrée et ses ruines centenaires je foule les pavés d’une cité légendaire Sur ma fidèle chinoise qui se fait vieillissante pour la énième fois j’entame ma descente. Des montagnes pluvieuses je repasse aux déserts qui proches de Nazca prennent une parfaite lumière en avion au dessus des traces mystérieuses j’imagine scénarios et théories fumeuses. Et après toutes ces semaines intenses mais épuisantes je n’ai dans mon esprit qu’une image obsédante : une table, de l’espace, des vagues pour musique après huit mois de voyage j’aspire au Pacifique. Je repère un village sur une péninsule où je m’installe chez Andres qui a fait son pécule exploitant des mines d’or en l’Amérique Centrale pour rentrer au pays dans son village natal. Il m’offre sa maison comme on offre un bout de pain et j’y passe la semaine, à jouer l’écrivain. Je lis, j’oublie, je compose pour une fois j’ai mis les distractions en pause vis avec le soleil, me lève aux premières heures et quand je suis repu après tant de langueur sur une infinité de paysages plats la Panaméricaine m’emmène jusqu’à Lima. La capitale immense au ciel toujours gris les rues impersonnelles de l’aristocratie. Nous sommes en décembre, la fin d’année approche et comme tout un chacun je veux remplir mes poches. Dans les grands casinos à coup de 3 barrels je deviens rapidement joueur professionnel. Cinq nuits par semaines jusqu’au lever du jour quand je rentre à moto les premiers joggeurs courent j’ai tout compris du jeu, et déjà je me vois multi-millionnaire au bout de quelques mois. Je monte de limite, tente mes shots pour voir mais la variance cette chienne me terrasse en trois soirs. N’en pouvant plus des cartes, dégouté du poker je fais mon énième pause et pour me changer d’air Cecilia me convie pour célébrer les fêtes en échange de quoi je l’emmène vers l’Est. Nous partons un matin avec pour seul plan de rouler au hasard emportés par le vent et pendant cinq jours c’est l’aventure totale la romance la surprise les nuits sous les étoiles à travers les Montagnes, dans les rues de Tarma aux discothèques ringardes où tourne la cumbia la route qui descend, entre dans la Selva le 31 décembre chez les Ashaninkas. Le déprimant spectacle de leur décrépitude de leur culture ils ont perdu toute habitude. Sur les coups de minuits tous les litres de bière ne sont plus suffisants pour cacher la misère Une année de voyage je suis censé rentrer mais depuis bien longtemps j’ai décidé de rester. L’excitation constante d’une vie sans routine m’a rendu dépendant de cette adrénaline. Tant de rencontres, de vie, de moments partagés, d’apprentissages de rêves et d’opportunités. Et petit à petit le succès qui arrive après l’une des radios, ils me commandent un livre. L’architecte engourdi est devenu écrivain impossible désormais de rebrousser chemin. Je sens qui monte en moi l’appel irrésistible de la route et du Nord des lieux inaccessibles du vent dans mes cheveux, et de la découverte des routes à parcourir, des étendues désertes des journées paresseuses sans regarder sa montre la peur ou la surprise à chaque nouvelle rencontre les histoires improbables et les drames ordinaires les sourires, le désir et le sexe au grand air les légendes qui circulent sur les filles colombiennes sur les cités perdues et les ruines indiennes. La confiance euphorique des séries positives la tension insoutenable des sessions décisives les tables de poker dans les lieux insolites jouer pour subsister évitant la faillite et remonter ainsi à travers l’Amérique Panama, Belize, Honduras ou Mexique continuer ma route jusqu’aux Etats Unis le Japon et la Chine, pourquoi pas l’Australie Rien ne peut m’arrêter je m’en suis convaincu peu importe si je chute puisque j’aurai vécu.

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